
N’y allez pas! (ou quand vos barrières vous surveillent)
25 septembre 2010Imaginez un oeil… Un grand oeil, comme dans le seigneur des anneaux. Un grand oeil qui vous regarde, et quand vous voulez faire quelque chose, quand vous avez une envie, une pulsion, ce grand oeil se change en une énorme bouche bienveillante qui vous dit “N’y allez pas!”. Ensuite la bouche bienveillante vous explique pourquoi il ne faut pas.
Il ne faut pas parce que…
Et la liste des “parce que” s’allonge. Alors même que le chemin n’est pas entamé, que vous ne savez pas si l’idée était grandiose ou débile, vous avez déjà tiré vous même une énorme barrière métallique, de celles qu’on trouve dans les kermesses d’école primaire, et sur laquelle il est écrit “STOP, danger”.
Et les gens meurent sans avoir franchi ces barrières parfois.
On les voit pourtant d’ici, ceux qui, depuis l’autre côté, vous appellent en vous disant “viens !! viens tu verras! c’est super ici”. Mais non, raisonnables comme la chanson de Mickey 3D, Il finira par être dit ”oh non non, je pourrais le faire dans l’absolu, ça me pend au nez, cette barrière est très basse mais…”
Mais… Parce que… Si je le fais alors…
Les petites sentences magiques, le début de la fin, ce qui empêche le monde de hurler, ce qui prive de crises de conscience 98% des êtres libres.
Ah si l’on ne sentait pas, palpable comme la tension qui précède un match de boxe, ce désir ambiant, fondamental, de tout faire exploser, les “parce que” ne me dérangeraient pas, mais le monde se contient. Les gens bouillonnent dans leurs petites têtes, dans leurs petits corps…
On ne connait pas bien les causes du cancer, parait-il.
Pourtant y’a pas à chercher bien loin. On lira dans la presse scientifique spécialisée, un jour, que les “parce que” sont responsables du cancer.
